Terres…

Autobus

Posted in Prose, Works in progress by dbourrion on 5 février 2009

Attendant comme les autres à cet arrêt la nuit coulait le long de l’avenue des joues des gens avec un soufle froid et par endroits un réverbère saignait de sa lumière rouge mais pourquoi la ville était-elle devenue ce reflet d’elle-même le bus l’autobus est arrivé du ventre d’ailleurs et dans son ventre à lui nous avions tous l’air déjà morts la fille devant avait des yeux d’un bleu de chine elle est descendue en même temps qu’une très vieille dame peut-être n’était-ce qu’une seule et même femme je me suis laissé retomber dans un siège dur et secouer par les cahots les virages secs les coups de freins le long de la vitre gigantesque glissaient d’autres âmes au moins aussi perdues que moi nous étions tous en aquarium l’arrêt final est arrivé le chauffeur s’est tourné vers moi il n’y avait plus que moi dans ce bus « Tout le monde descend » a-t-il soufflé je n’ai même pas protesté et suis sorti me suis enfoncé dans la bouche de cette fin de nuit cette fin de ville au loin l’avenue se perdait dans une obscure distance ça tombait bien c’est là que je voulais aller j’ai remonté mon col et ai repris ma longue errance.

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Une Réponse

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  1. camille said, on 5 février 2009 at 12:07

    Voyageurs

    Etrangers à ce monde étoiles blessées tombées des nues, étrangers à nous-mêmes fuyant nos illusions perdues
    Conquérants de l’inutile, que sommes-nous derrière nos vanités, âmes errantes ballotées par les flots se la vie cette vie qui nous entraîne au milieu de toutes ces autres vies, où elle veut, comme elle veut, figés dans nos opprobres
    Toutes ces vies qui se croisent se décroisent, et ces liens qui se tissent puis se défont, inexorablement
    Et nous qui ne sommes rien, vides de sens, sans attaches, où allons-nous ? Personne ne le sait, qui voudrait le savoir ? Trop peur de la mort, trop peur du vide, trop peur de rien
    Nous émergeons un matin de notre obscurité, songeant qu’un autre jour à traverser, un autre jour à vaincre nous attend au dehors de nos murs
    Alors on prend son balluchon, ces maigres racines flétries qui sont un peu de nous, si peu de nous en bagage et qui nous survivront, égarées derrière nous mais qui s’en souciera
    Partir, sombrer dans l’oubli tout abandonner, partir n’importe-où en serons-nous plus libres ?
    Comment se sentir vivre, comment exister pour ce qu’on est quand nous trimbalons notre façade au milieu des autres, qui ouvrira notre porte si bien verrouillée, qui entrera pour allumer la lumière enfin ?
    Nous partons, incapables d’attendre, incapables de croire encore, trop d’espoirs déçus trop de rêves brisés, le néant de notre absence nous oppresse et nous chasse nous pourchasse, si loin
    On voudrait atteindre le bout du monde, que notre quête s’arrête enfin, mais le monde est vaste, et la terre est ronde


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