Terres…

Minuit (2)

Posted in Prose, Works in progress by dbourrion on 26 décembre 2008

Alors un orgue s’est mis à haleter au-dessus de nos têtes j’ai presque crié d’effroi non pas d’effroi en fait d’ennui les clients les fidèles arrivaient par longs paquets mous et précieux vivants ou morts on ne distinguait pas vraiment ce qu’il pouvait en être je ne voyais que cheveux gris ou oreilles dégagées ou serre-têtes tout ça poli et onctueux et sur mes yeux cette femme dehors avec son visage bouffi par l’alcool le froid cette pute de vie qui l’avait tant cassée qu’elle en perdait ses dents dans sa bouche de déjà morte c’est juste là qu’il y a eu comme un mouvement un frémissement la foule s’est relevée et de derrière de l’arrière du fond du ventre de cette cathédrale j’ai senti une troupe qui arrivait je n’ai rien fait pour l’arrêter du coin de l’oeil j’ai regardé passer les prêtres les diacres les archi-diacres quelques servants de messe et sous sa mitre l’évêque dont la jeunesse m’a surpris sa main sa main qui bénissait à tour de bras était si fine qu’on aurait dit celle d’un vieillard d’une momie peut-être était-ce cela qui entrait là une momie cachée dessous des oripeaux tissés d’or jaune et blanc.

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4 Réponses

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  1. brigetoun ou brigitte celerier said, on 2 janvier 2009 at 9:17

    et on ne vous a pas fait prier pour vos gentils frères portugais qui avaient paré l’église, entendu leur messe et étaient rentrés préparer les maisons ? après cela j’ai cessé d’assister à ce rite par politesse familiale et ne fréquente plus les églises que pour leurs pierres et parfois des concerts (la musique amolit les gens, fait sortir d’eux ce qu’ils ont de bien)

  2. ln said, on 9 janvier 2009 at 5:26

    drôle non comme le regard est subjectif, et comme une personne que vous voyez encensée dans des rites datant d’un autre temps pour vous vous paraît telle une momie; et pour moi n’est autre que l’oncle d’une amie chère, homme intelligent, vif mais discret, et bien plus profond que la plupart d’entre nous…
    c’est là tout le drame des apparences et je m’y heurte chaque jour, difficile déjà d’habiter sa propre façade, alors comment faire pour qu’il y ait de la lumière qui traverse la fenêtre, et qu’un jour quelqu’un la perçoive?

  3. dbo said, on 9 janvier 2009 at 5:46

    Je déroge à ma règle concernant les commentaires : l’écriture est justement, il me semble, regard et subjectivité. Vous avez parfaitement raison : tel être est toujours plus que les apparences qu’il donne à voir.
    Ce qui m’interroge alors, c’est pourquoi tel être demeure dans ses apparences ? Et pourquoi moi, je n’en vois que les apparences ?…

  4. ln said, on 9 janvier 2009 at 6:00

    si moi je demeure dans mes apparences, c’est bien parce que je n’en ai pas encore trouvé la porte de sortie… ou par peur peut-être de ce que je révèlerais en l’ouvrant…
    mais j’ai compris que certains ne cherchaient pas,eux, à en sortir. c’est ce qui fait que je me sens loin de mes congénères chaque jour.

    (je suis votre chronique avec intérêt. merci de m’avoir répondu!)


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