Terres…

Attendre

Posted in Prose, Works in progress by dbourrion on 3 juillet 2008

Attendant patientant dans le grommellement du temps son lent travail de sape je restais parfois là les mains posées dessus mes cuisses assis bien droit sur ma chaise morte assis bien droit les yeux vacants fixant la porte laissée ouverte laissée ouverte intentionnellement dehors dans le couloir il y avait toujours du bruit des bruits de pas des étudiants qui traversaient le bâtiment allaient je ne sais où leurs bavardages et parfois des nappes de silence des trous sans bruit comme si soudain tout se tendait se durcissait à chaque fois je me disais maintenant maintenant quelqu’un va venir entrer maintenant maintenant cette solitude va s’effondrer dans un remue-ménage de cristal et quelqu’un va paraître dans le rectangle clair de cette porte.

Attendant patientant douloureusement à force ma nuque était un bout de bois ça me tirait jusque dans le milieu du ventre au creux de l’être là où plus rien ne bouge que le désir l’attente de se voir bousculer serrer apaiser même on peut rêver on peut encore espérer ça.

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2 Réponses

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  1. pauline said, on 3 juillet 2008 at 3:49

    D’ordinaire je ne commente pas, mais là, quand même : un direct à l’estomac.

  2. L'arc-en-ciel said, on 3 juillet 2008 at 9:47

    Grommellement du temps, remue-ménage de cristal, attente, solitude, désir, tout ce qu’un arc-en-ciel peut souhaiter. Quel beau texte !


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